Valentin VALEV

Bulgarie

 

Valentin Valev est né en 1956 à Stara Sagora, en Bulgarie. Il a étudié les relations internationales à Sofia, puis a obtenu un doctorat en philosophie à l'Université Humboldt à Berlin.

Il est entré dans le service diplomatique en 1982 et a été affecté successivement comme attaché de presse à Berlin (1988-1991), au Service de presse et d'information à Sofia (1991-1994) et nommé Consul à Bonn. Il a également fait partie du Département Intégration Européenne de son Ministère des Affaires étrangères.

Depuis août 1999, Valentin Valev est premier Conseiller à l'Ambassade de Bulgarie à Berne.

 

 

 

ASPECTS DE LA POLITIQUE D'INTÉGRATION EUROPÉENNE DE LA BULGARIE

DANS LE CONTEXTE DE L'INSTITUTION D'UNE PAIX ET D'UNE STABILITÉ PERMANENTES DANS LES BALKANS

 

L'adhésion de la Bulgarie à l'Union Européenne (UE) reste la priorité fondamentale du pays. Ce qui est le plus important pour nous, c'est de garder le caractère universel et évolutif du processus d'extension et de non-admission de nouvelles lignes séparatrices entre les pays candidats.

Nous pensons qu'aujourd'hui, commencer des négociations pour l'adhésion de la Bulgarie à l'UE est, en fait, une perspective réelle. Le changement survenu à la perspective d'adhésion est dû tant aux efforts du Gouvernement, disposant d'une stratégie claire et universelle au sujet de l'adhésion, qu'à la responsabilité politique à l'égard de la crise en Yougoslavie. La Bulgarie a nettement montré qu'elle respectait les valeurs et les attitudes européennes.

Ces deux dernières années, la Bulgarie a fait de sérieux progrès dans le processus de réalisation des critères lui permettant d'adhérer à l'UE. Du point de vue politique, le pays répond aux conditions d'adhésion. Le fait d'arriver à la stabilisation financière a créé les conditions nécessaires à la croissance économique et à l'accomplissement des critères économiques, à l'image des autres pays candidats qui n'ont pas encore entamé les négociations d'adhésion à l'UE.

En dépit des difficultés, le Gouvernement continue fermement son programme de privatisation. Le secteur privé prend une place de plus en plus importante dans l'économie de la Bulgarie. Le Gouvernement ne renonce pas à tenir ses engagements envers le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale et respecte tous leurs critères. La Bulgarie ne cherche pas de facilités mais l'accélération de la procédure d'adhésion.

La stabilité politique et économique, ainsi que la réussite dans le processus de démocratisation et surtout du modèle de tolérance ethnique offrent à la Bulgarie la possibilité de contribuer à sa manière spécifique au dialogue avec l'UE concernant l'intégration, le renouvellement et le développement dans les Balkans.

Les efforts et les progrès de la Bulgarie ont été, d'ailleurs, fort appréciés par les Chefs d'Etat et de Gouvernement de plusieurs pays membres, tels la Grande-Bretagne et l'Italie, qui ont récemment manifesté leur soutien à la Bulgarie afin que les négociations d'adhésion de plein droit commencent dès cette année. L'entretien entre le Premier Ministre bulgare Ivan Kostov et le Président de la Commission Européenne Romano Prodi en a prouvé l'intérêt.

Dans ce même esprit vont également les constatations du rapport commun de la Commission européenne et de la Bulgarie, fait au début du mois de juin 1999, sur les priorités de la politique économique de la Bulgarie (Joint Assessment of the Economic Policy Priorities of Bulgaria). Le "Compte-rendu du progrès de la Bulgarie concernant l'accomplissement des critères d'adhésion à l'UE", présenté à la Commission Européenne le 1er juillet 1999, porte l'accent sur le dynamisme et les résultats atteints dans la préparation à l'adhésion, sur la réalisation des critères politiques, les grands progrès dans le domaine économique et le rapprochement de la législation bulgare de celle de l'UE. La cinquième séance du Comité d'association Bulgarie-UE, qui a eu lieu le 26 juillet 1999 a fortement apprécié les progrès accomplis par la Bulgarie dans la réalisation des critères d'adhésion, lui désignant les directions principales à suivre aux fins d'une préparation accélérée. C'est la raison qui nous permet de supposer un rapport positif de la part de la Commission Européenne en automne 1999.

La Bulgarie n'aspire pas à obtenir des facilités dans ses démarches d'adhésion à l'UE : le pays parcourra sa part du chemin et témoignera d'un progrès important dans sa préparation à l'adhésion. Nous espérons que ce que la Bulgarie a réussi à réaliser mènera l'UE à prendre la décision correspondante à Helsinki au mois de décembre 1999 et à réglementer le début du processus des négociations d'adhésion de la Bulgarie à l'UE. Commencer les négociations ne suppose pas nécessairement l'adhésion immédiate. Nous nous rendons compte que l'adhésion de plein droit deviendra réelle au moment où le pays répondra à toutes les conditions qui lui sont posées. D'un autre côté, le commencement des négociations sera le signe d'un processus irréversible d'intégration de la Bulgarie à l'UE. Le soutien apporté à la Bulgarie est celui apporté au futur développement démocratique des pays du Sud-Est de l'Europe en particulier, et de toute la région en général.

Pacte de stabilité pour le Sud-Est de l'Europe : nous soutenons le Pacte de stabilité pour le Sud-Est de l'Europe et sommes prêts à y participer par des propositions et des actes concrets :

Sur le plan du développement économique : une paix et une stabilité permanentes dans les Balkans peuvent être atteintes à la seule aide d'une évolution économique. Il ne s'agit pas seulement de mettre fin aux conséquences immédiates de la crise du Kosovo (le rapatriement et la reconstruction), mais aussi de résoudre les problèmes du développement économique de la région en général. Il faut stimuler l'activité économique des pays de la région par le développement du commerce, par des investissements étrangers directs, par l'introduction de différentes sociétés de la région dans les travaux de reconstruction au Kosovo, par le rétablissement de l'infrastructure de la région (transports, énergie, télécommunications) pour qu'elle redevienne partie intégrante de l'infrastructure européenne générale.

Il est nécessaire dès maintenant de penser à l'étape suivante qui inclut le contexte régional élargi des redressement et développement économiques de la région. La Bulgarie a des projets d'importance régionale qui méritent d'être appelés "Projets du Pacte de stabilité" (Stability Pact Relevant Projects). A notre avis, tels sont les projets suivants :

- Corridor No 8 : chaussée et voie ferroviaire reliant l'Albanie, la Macédoine et la Bulgarie;

- Corridor No 4 : construction d'un pont Vidin-Kalafat sur le Danube, reliant l'Europe Centrale à la Bulgarie et à la Macédoine;

- Construction d'un câble électrique de 400 kW reliant la Bulgarie à la Macédoine.

L'importance de leur réalisation touchera quelques pays en particulier et la région en général, dans le sens où elle la reliera à l'infrastructure européenne. La Bulgarie est disposée à proposer d'autres projets de même envergure.

Ainsi proposons-nous que l'UE prévoie un fonds régional (regional facility) spécialement conçu pour le financement préférentiel de différents projets d'importance transfrontalière qui collaboreraient à surmonter les conséquences négatives de la crise.

Sur la démocratisation : sans une démocratisation de la Serbie, la paix et la stabilité permanentes ne s'installeront pas dans les Balkans. Il faudrait alors coopérer, par tous les moyens légaux possibles, à la reconstruction d'une société civile en Yougoslavie. Les voies principales nécessitant le plus d'efforts sont les suivantes : encourager la liberté des médias (presse, radio, télévision), aider les organisations non-gouvernementales en vue de l'observation d'élections libres, créer des conditions favorables au dialogue entre les différents niveaux ethniques et culturels, expliquer les principes généraux des droits de l'homme et du pouvoir suprême de la loi.

En vue de l'exécution de cette tâche dans le cadre de la Table de travail 1 (consacrée à la démocratisation et aux droits de l'homme), il serait possible de créer une Agence de coopération et d'information dont nous proposons de devenir les hôtes. La Bulgarie a déjà prouvé son respect des valeurs de la société démocratique ouverte. Notre expérience dans l'observation du pluralisme politique et la liberté des médias, ainsi que le modèle ethnique bulgare déjà existant, peuvent être utiles à d'autres pays du Sud-Est de l'Europe, non seulement dans la recherche d'une solution définitive du problème Kosovar, mais aussi pour la démocratisation de la société yougoslave.

Nous sommes prêts à devenir les hôtes d'une conférence régionale sur la démocratie dont le but principal serait la consolidation et la concentration des efforts de démocratisation de la Serbie, surtout par le biais des organisations non-gouvernementales régionales expérimentées dans la lutte pour les libertés et les élections démocratiques.

Sur les questions de sécurité : dans le cadre de la Table de travail 3, des démarches importantes pour le renforcement de la stabilité dans la région pourraient être entamées. Nous estimons que l'OTAN doit y prendre part. L'activité de la Table de travail 3 peut être subdivisée en quelques sous-tables. La Bulgarie a exprimé le souhait de devenir l'hôte et de présider la première ou une des premières séances de la Table de travail 3, ou encore des sous-tables (si celles-ci sont créées, nous pourrions par exemple présider la sous-table consacrée aux mesures régionales de renforcement de la confiance).