Adolfo MORGANTI

 

Né en 1959, Adolfo Morganti est titulaire d'une maturité scientifique et a obtenu en 1982 une licence en psychologie à l'Université de Padoue. Il a ensuite collaboré à diverses revues d'anthropologie religieuse et d'analyse littéraire avant d'être nommé, en 1988, Secrétaire de la Fondation internationale pour l'étude des racines de la culture humaine dont le siège est à Rome. Trois ans plus tard, il a obtenu l'agrégation en pédagogie de la religion puis a été nommé consultant du Groupe de recherche et d'information sur les sectes, le G.R.I.S., de Bologne.

Membre du Conseil italien de l'ENEC (Europe-Near East Center) de Bari, co-fondateur de l'Université d'été de Saint-Marin et coordinateur de l'association culturelle internationale "Identità Europea", Adolfo Morganti est également l'auteur de nombreux articles et a largement contribué à la publication en italien, il y a deux ans, du livre Pan-Europa de Richard Coudenhove-Kalergi.

C'est en sa qualité de Président de Paneurope Saint-Marin, association qu'il a fondée en 1998, qu'il nous présente l'initiative et les travaux de l'association sur la subsidiarité et l'intégration européenne.

 

 

 

UNE NOUVELLE INITIATIVE

POUR UNE EUROPE CONSTRUITE SUR LA SUBSIDIARITÉ :

L'OBSERVATOIRE STABLE SUR L'INTÉGRATION EUROPEÉENNE

 

Je voudrais tout d'abord exprimer ma gratitude à la Présidence de l'Union Paneuropéenne, et notamment à son Président, l'Archiduc Otto de Habsbourg, et à sa Secrétaire internationale, Madame Walburga Douglas, pour les constants encouragements dont ils m'ont gratifié ces dernières années. J'exprime aussi mes sincères remerciements aux amis de Paneurope Suisse qui m'ont permis d'être ici aujourd'hui.

Je représente, en tant que Président de Paneuropa San Marino, l'Association Paneuropéenne de la République de Saint-Marin, le petit Etat le plus ancien d'Europe. Cette association est très récente et il s'agit d'une petite association, étant donné l'exiguïté territoriale de l'Etat où elle est née. Mais nous sommes fermement convaincus de pouvoir apporter une contribution originale au processus d'intégration culturelle et politique de notre continent. Consciente de ses limites, surtout géographiques, mais aussi du poids de sa tradition spirituelle et culturelle, de son autonomie, ainsi que de ses relations pacifiques avec ses voisins depuis plus de seize siècles, la République de Saint-Marin, en collaboration avec Paneuropa San Marino, a choisi de participer au débat sur l'intégration du continent européen à travers une initiative concrète, pour concentrer ses énergies et ses ressources, initiative destinée à utiliser et à valoriser en même temps les caractéristiques historiques, culturelles et politiques de la République de Saint-Marin.

L'initiative de Paneuropa San Marino, que j'ai le plaisir de vous exposer aujourd'hui, concerne la constitution d'un Observatoire Permanent sur l'Intégration Européenne et la Subsidiarité. Ce projet a pu compter dès le début sur la collaboration active des autorités saint-marinaises, notamment du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Culture de la République de Saint-Marin. Cette collaboration a été confirmée au mois de juillet dernier, à l'occasion des entretiens officiels entre leurs excellences les Ministres, Monsieur Gabriele Gatti et Monsieur Sante Canducci, et la Secrétaire de l'Union Paneuropéenne internationale, Madame Walburga Douglas.

Le choix de cette initiative particulière, élaborée autour de deux concepts fondamentaux, l'intégration européenne et le principe de subsidiarité, est soutenue par les considérations suivantes :

 

1. La reconnaissance de la valeur historique extraordinaire du processus d'intégration culturelle, économique, sociale et politique du continent européen, qui constitue, spécialement au seuil du troisième millénaire, une opportunité sans précédent pour franchir les barrières idéologiques qui ont fait du XXème siècle le siècle de la guerre civile européenne.

 

2. Dans le contexte de cette intégration, des petits Etats européens, réceptacles de l'histoire et de la mémoire du continent, peuvent jouer un rôle très spécial et important. La République de Saint-Marin veut se proposer comme exemple.

 

3. S'inspirant d'une partie significative de la culture européenne et face au grand défi de la fin du siècle, l'association Paneuropa San Marino reconnaît le principe de subsidiarité comme l'instrument fondamental pour la redéfinition des relations entre - et dans - les Etats, à commencer par les droits de l'homme et les corps intermédiaires de la société.

 

Partant, l'association Paneurope San Marino, en cohérence avec ses buts statutaires et en continuité idéale avec la partie la plus vive et active de l'européisme contemporain, s'est fait la promotrice de l'établissement dans la République de Saint-Marin de cet Observatoire. Cet Observatoire s'est donné pour objectif principal de poursuivre la diffusion d'une plus grande connaissance de l'Europe en tant qu'entité diversifiée et organique, de ses racines culturelles et spirituelles, de son histoire et des motivations profondes qui ont conduit, au cours des siècles, à l'élaboration des projets d'harmonisation et d'intégration du continent.

Le but de l'Observatoire est également de diffuser ultérieurement l'information concernant les précédentes expériences d'unification spirituelles, culturelles et politiques du continent, ainsi que les raisons qui ont déterminé, au cours du XXème siècle, un processus irréversible d'unification continentale. En même temps, l'Observatoire s'engagera à favoriser les développements d'une conscience européenne, soit à l'intérieur de la République de Saint-Marin, soit dans d'autres pays du continent, avec une attention particulière sur les petits Etats de l'Europe.

L'Observatoire Permanent, bien qu'il soit indépendant de toute structure politique, statutaire ou confessionnelle, opérera en étroite collaboration avec les principales associations européistes actives à l'échelle continentale, en premier lieu avec l'Union Paneuropéenne internationale, ainsi qu'avec les autorités compétentes de la République de Saint-Marin. Le projet a été présenté officiellement à Saint-Marin le 17 juillet dernier, à l'occasion de la quatrième édition de l'Université d'été de Saint-Marin, en présence de Madame Walburga Douglas.

La structure de l'Observatoire est une structure extrêmement souple et flexible, agissant autant que possible en synergie avec d'autres organismes publics et privés, universitaires et culturels, à travers des accords de collaboration et de partenariat, tout d'abord dans la République de Saint-Marin et ensuite au niveau européen.

Le prestige scientifique de l'Observatoire sera assuré par un Comité scientifique international. La structure de l'Observatoire a été conçue à partir de l'organisation de certains instruments d'intervention et de diffusion de valeurs caractérisant l'Europe de la subsidiarité. Voici les instruments identifiés :

 

1. Une bibliothèque thématique internationale, dont le siège devra être déterminé d'entente avec la bibliothèque d'Etat de la République de Saint-Marin, afin d'en assurer la valorisation et une accession optimale au public;

 

2. Une bibliothèque internationale de périodiques spécialisés, qui aura le même siège que la bibliothèque susmentionnée;

 

3. Des archives informatisées et connectées à Internet, en boîte postale électronique;

 

4. Un espace consacré à des initiatives périodiques de formation culturelle, historique et juridique, à réaliser en synergie avec l'Université d'Etat de la République de Saint-Marin, ainsi qu'en conjonction avec les cours de l'Université d'été de Saint-Marin.

 

Ce projet aura trois phases :

La première, la phase de projet, est presque finalisée.

En l'an 2000, la deuxième phase sera celle de la mise en œuvre du projet : inauguration du siège et des archives de l'Observatoire, situés dans la ville de Saint-Marin, inauguration de la bibliothèque de l'Observatoire, démarrage des activités publiques de l'Observatoire autour de certains concepts fondamentaux tels que l'intégration du continent, la défense de l'identité historique, culturelle et spirituelle des peuples européens, le rôle des petits Etats, la promotion du principe de subsidiarité. Ces activités publiques aboutiront initialement à l'organisation à Saint-Marin de la première conférence internationale d'études sur la fonction et le rôle du principe de subsidiarité entre les Etats européens, sous le patronage du Ministère des Affaires étrangères, de la Culture et du Tourisme de la République.

Troisième phase en 2001 : parallèlement à l'activité régulière de l'Observatoire et à l'occasion des événements sportifs liés à la neuvième édition des Jeux des petits Etats européens, qui se dérouleront dans la République de Saint-Marin, il est déjà possible de planifier l'organisation d'une deuxième conférence internationale d'étude sous le patronage du Ministère des Affaires étrangères, de la Culture et du Tourisme, intitulée "Petits Etats et intégration européenne".

Enfin, pendant les premiers mois de l'année prochaine et compte tenu des encouragements reçus à cet égard, Paneuropa San Marino expliquera aux autorités saint-marinaises compétentes une proposition articulée concernant l'introduction d'un Master en Etudes Européennes auprès de l'Université d'été de la République de Saint-Marin, Département des sciences de la formation.

Je profite de cette occasion pour remercier publiquement le Professeur Luigi de Anna, enseignant auprès de l'Université finlandaise de Turku et paneuropéen très réputé pour son engagement très actif.

En conclusion, l'Observatoire Permanent sur l'Intégration Européenne et la Subsidiarité constitue actuellement une initiative sans précédent. L'Observatoire vise partant à devenir dans la République de Saint-Marin un centre qualifié pour la promotion de la conscience européiste, pour la défense de l'identité historique, culturelle et spirituelle des diverses communautés composant l'Europe, pour la promotion du rôle essentiel que les petits Etats peuvent jouer dans l'intégration européenne.

Cela en synergie constante avec les institutions publiques de la République, les institutions européistes internationales, ainsi que les institutions communautaires émergentes. Grâce à cette initiative, la République de Saint-Marin sera en mesure de valoriser ultérieurement son propre rôle à l'échelle planétaire en tant qu'ancien et libre Etat européen, promoteur de culture et de coexistence pacifique, gardien de l'histoire et de la mémoire des valeurs de liberté, subsidiarité, autonomie qui ont développé au cours des siècles la partie la meilleure de la civilisation européenne.

Que demandons-nous aujourd'hui aux amis paneuropéens ? Nous demandons des conseils, des critiques, des suggestions, et si possible la disponibilité personnelle à collaborer, surtout dans les domaines scientifiques et culturels, afin de faire de l'Observatoire Permanent sur l'intégration Européenne et la Subsidiarité un instrument utile à l'avenir pour tous les peuples européens.